Réassort tardif sur le fond de rayon, éclairages défectueux, givre envahissant, problèmes d’entretien et d’hygiène dans les meubles… Le rayon grand froid fait directement les frais d’un certain relâchement provoqué par le manque de main-d’œuvre en magasin, au profit d’autres rayons jugés plus stratégiques. Réassort tardif sur le fond de rayon, éclairages défectueux, givre envahissant, problèmes d’entretien et d’hygiène dans les meubles… Le rayon grand froid fait directement les frais d’un certain relâchement provoqué par le manque de main-d’œuvre en magasin, au profit d’autres rayons jugés plus stratégiques.
Le directeur général de Marie lance un signal d’alarme en déplorant un certain relâchement actuel dans la gestion du rayon Grand Froid et des assortiments. Une catégorie qui, rappelle-t-il, s’appuie sur de solides atouts, sous réserve d’activer les bons leviers.

LMDS : le surgelé élaboré affiche des volumes en net repli par rapport à la moyenne du marché PGC FLS ? Outre l’impact des prix, comment expliquez-vous ce décalage ?

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Damien Jeannot : Avant tout, il subit clairement le contrecoup de la première phase du Covid, durant laquelle on avait connu une explosion des ventes sur ce marché. D’où un certain reflux, mais qui n’est qu’en partie naturel, car deux phénomènes complémentaires pèsent beaucoup dans la balance. Le premier, c’est que le surgelé demeure le parent pauvre du point de vente sur le critère de la main-d’œuvre. Quand on manque de ressources dans une conjoncture compliquée, on a trop souvent tendance à puiser de la main-d’œuvre disponible sur le surgelé pour l’affecter sur des catégories jugées comme plus prioritaires en magasin. D’où une envolée des ruptures sur les piliers du fond de rayon et un certain « laisser-aller » dans la gestion du rayon Grand Froid. Au final, la catégorie est moins bien traitée en magasin et cela se ressent directement sur ses performances.

LMDS : En résumé, on déshabille Paul pour habiller Jean ?

D.J. : Oui et ce relâchement dans la gestion du rayon a eu tendance à s’amplifier et se banaliser ces derniers mois, y compris dans des points de vente habituellement mieux tenus que d’autres.

Mais ce n’est pas seul facteur aggravant aujourd’hui. Un deuxième tout aussi dangereux, a fortiori sur les plats élaborés, est la tentation chez certains de minorer l’inflation des prix par une baisse des cahiers des charges. C’est un jeu dangereux ! Avec le Covid, un gros coup de balai a été donné sur les fausses idées reçues autour de la qualité de l’offre en surgelé. Or j’insiste là-dessus, il est crucial de maintenir le niveau de qualité attendu des produits au risque sinon de perdre tous ces acquis et cette réassurance auprès des consommateurs.

LMDS : Alors quels sont selon vous les principaux avantages du surgelé dans le contexte actuel ?

D.J. : Certains ont trop tendance à le perdre de vue, cette catégorie ne manque pas d’atouts. Le premier d’entre eux c’est la dimension du prix. L’Euro kilo plaide clairement en faveur du surgelé. En moyenne, c’est 5,85 € par kilo sur le surgelé, quand il atteint 9,49 € sur la volaille LS, 13,50 € sur la boucherie, ou encore 8,05 € au rayon fruits et légumes.

Le deuxième atout c’est la très bonne polyvalence de cette offre, qui s’inscrit pleinement dans l’air du temps, avec des produits présentant une DLC longue. Je cite l’exemple des sachets familiaux, avec des recettes disponibles en 900 g ou au kilo, qui permettent de réguler la consommation en fonction des besoins du jour. Et le sachet replié avec une pince à linge, c’est quelque part la transposition très pragmatique du vrac au rayon surgelé ! Ajoutez à cela la possibilité de doser les justes portions avec des produits sécables et donc de limiter le gaspillage et les déchets ménagers et vous obtenez in fine une forte polyvalence couplée à un bon rapport qualité prix. Mais il ne tient qu’aux différents opérateurs du marché du surgelé de cultiver ces avantages en âme et conscience.

Propos recueillis par JFA

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Véridique : ces pots de glaces d'un magasin implanté en centre-villle ont passé toute la saison estivale dans leur manteau de givre...