© McCain Foodservice-SureCrisp
Fondatrice du cabinet LFConsulting, Laure Fauchon analyse le renouveau des pommes de terre surgelées, à travers une lecture transversale des usages, du Retail au Foodservice.

À domicile comme hors domicile, frites et assimilés n’ont jamais été aussi dynamiques. Au-delà des avantages historiques de cette catégorie surgelée — qualité constante, régularité, praticité — cette bonne santé s’explique à plusieurs niveaux. Côté consommateurs, la pomme de terre reste ultra accessible en prix et bénéficie du fort attrait actuel pour la comfort food. Côté professionnels, la croissance des chaînes de restauration rapide et de la vente à emporter pousse des produits à forte marge, faciles à remettre en œuvre, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Dans les deux cas, l’attrait croissant pour les sauces constitue un puissant levier de développement. Samouraï, Algérienne, Teriyaki, Chipotle mayo, mayo kimchi, ketchup épicé… la frite devient le support idéal pour varier les plaisirs. Sans oublier la tendance québécoise de la poutine — frites, sauce à la viande, fromage gratiné — incarnation ultime du registre régressif.

Les évolutions d’usages et la porosité entre circuits renforcent encore cette dynamique. Le « à domicile » et le « hors domicile » se nourrissent mutuellement. La gamme Street Fries de McCain en GMS, directement inspirée des usages take-away, en est une illustration concrète.

Lever les freins pour créer de la valeur

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La gamme Street Fries de McCain en GMS

La catégorie se distingue également par sa capacité à innover en levant ses principaux freins. Le verrou historique de la friteuse a d’abord été contourné par la cuisson au four, puis surtout par l’essor de l’airfryer. À fin 2024, 31 % des ménages en étaient déjà équipés*, et l’adoption progresse aussi chez les petits restaurateurs, séduits par la simplicité d’usage et la réduction des contraintes. En GMS, McCain a fait de ce mode de cuisson une clé d’entrée de gamme, remettant au goût du jour des formats traditionnels comme les cubes ou les pommes noisettes.

Autre enjeu majeur, notamment en vente à emporter : garantir un croustillant qui dure. McCain répond avec SureCrisp MAX, Lamb Weston avec Frenzy Fries, des innovations spécifiquement pensées pour préserver texture et qualité après transport.

L’ère de l’ultra-croustillant

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La twister de Lamb Weston et en Foodservice

Dans le sillage de l’essor fulgurant du poulet crispy-tasty, crousty ou tonkatsu, la frite doit désormais innover sur l’ultra-croustillance. À l’ère des réseaux sociaux, le bruit devient un attribut produit. Sans goût ni odeur perceptibles à travers un écran, le visuel ne suffit plus : la frite doit s’exprimer en texture, presque en ASMR.

Et le potentiel reste considérable. Au-delà des formes originales (comme les Twisters), des aromatisations ou des alternatives déjà installées (patate douce, légumes), la catégorie peut encore s’inspirer des cuisines du monde. Le Pérou et ses 3 500 variétés de pommes de terre, le Japon et ses profils sucrés aux notes de noisette ou de caramel, ou encore d’autres tubercules comme le manioc, l’igname ou le taro ouvrent de nouveaux territoires d’innovation. Preuve que la clé de lecture n’est plus seulement la matière première, mais bien la valeur d’usage.

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La Surecrisp MAX de McCain Foodservice

(*) : Étude NielsenIQ-GfK, janvier 2025 pour le Gifam.

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Un mot sur LFConsulting : forte d'une longue expérience en marketing agroalimentaire dont près de 20 ans en surgelés, Laure Fauchon a fondé LFConsulting en 2024 pour accompagner les entreprises dans leur stratégie marketing et aider au développement de leurs activités de façon agile et opérationnelle. En collaboration avec Le Monde du Surgelé, elle propose des décryptages marketing à la fois pragmatiques et inspirants pour mieux comprendre les marchés, les innovations et les tendances consommateurs. Pour plus d'info : LFConsulting