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S’appuyant sur une nouvelle étude de la Banque de France, l’organisation professionnelle alerte sur un triple décrochage économique touchant les fournisseurs PME-ETI de la distribution.

 
 

À l’approche de l’ouverture des négociations commerciales 2026, la FEEF publie le troisième baromètre ACSEL–Banque de France consacré à la situation économique et financière des PME-ETI fournisseurs de la distribution*. Un travail qui met en lumière une dégradation rapide et simultanée de trois indicateurs clés : rentabilité, emploi et investissement. « Le tissu industriel des PME-ETI, déjà fragilisé depuis plusieurs années, accuse désormais un décrochage alarmant », résume la fédération.

Premier signal rouge : la rentabilité, avec une entreprise sur trois déficitaire en 2024, soit une détérioration de douze points en six ans. Côté emploi, la dynamique de recrutement apparaît quasiment à l’arrêt : la croissance des effectifs a été divisée par dix depuis 2018 et recule de 2 points sur un an. Quant à l’investissement, il repasse sous son niveau de 2018, avec une chute de cinq points en un an pour le taux d’investissement d’exploitation, traduisant un risque de décrochage structurel, tant économique que technologique.

Des dommages collatéraux sur les filières

L’organisation professionnelle rappelle que l’essentiel de l’activité de ces entreprises repose sur des filières agricoles françaises : 78 % de leurs matières premières sont d’origine nationale, dont 43 % portent un SIQO ou un label de qualité**. Leur fragilisation « menace directement les débouchés des productions locales », insiste la FEEF.

Pour Léonard Prunier, président de la fédération, le système actuel des négociations commerciales n’apporte plus les conditions d’un équilibre économique durable. Il appelle le gouvernement à simplifier le cadre des négociations et à instaurer des accords annuels avec tarif révisable pour les fournisseurs réalisant moins de 350 M€ de chiffre d’affaires mondial. « Sans correction rapide, nous risquons une fragilisation irréversible de ce tissu d’entreprises, au détriment de notre souveraineté alimentaire et industrielle », avertit-il.

(*) : Etude ACSEL-Banque de France pour la FEEF (septembre 2025)

(**) : Enquête réalisée par la FEEF auprès de ses 1100 adhérents (mai 2024)