La marque commence à communiquer sur les vertus de l'agriculture régénératrice, comme ici au dos d'un emballage de la gamme Just au Four.
En 2021, le leader canadien du marché des produits surgelés à base de pommes de terre avait démarré un programme d’engagement à l’échelle mondiale
pour le développement de l’agriculture régénératrice. La France, où McCain travaille déjà avec de nombreux partenaires agriculteurs, avait été choisie comme pays pilote de l’opération en Europe. L’agriculture régénératrice consiste à mettre en place un ensemble de pratiques agricoles qui améliorent et restaurent les sols afin de les rendre plus résilients, de préserver la biodiversité et de réduire les émissions de gaz à effet de serre, tout en maintenant une production régulière.
Après un premier bilan prometteur dévoilé en 2023 (lire l'article), le transformateur annonce cette année une progression significative de l’adoption des pratiques chez ses partenaires, ainsi que des gains mesurés sur les rendements et la résilience des sols. En France, plus de 50 % des 800 agriculteurs partenaires de McCain sont désormais engagés dans la transition vers l’agriculture régénératrice. Parmi eux, plus de 120 ont signé un contrat dédié, formalisant un engagement pluriannuel autour de pratiques telles que la couverture permanente des sols, la réduction du travail mécanique ou l’optimisation des intrants. Une montée en puissance qui s’inscrit dans l’objectif fixé par McCain de convertir 100 % des surfaces dédiées à la pomme de terre à ces pratiques d’ici 2030. La démarche s’articule également avec la trajectoire bas-carbone du groupe, notamment sur les émissions de scope 3 liées à la production agricole.
Des rendements en hausse qui confortent la démarche
Les nouveaux résultats issus des huit fermes pilotes françaises apparaissent particulièrement structurants, sachant qu’elles sont réparties sur les principaux bassins d’approvisionnement du fabricant, situés dans les Hauts-de-France et le Grand Est, ce qui permet de tenir compte de la diversité des sols.
Ainsi, les couverts végétaux multi-espèces, déployés pour préserver la fertilité et protéger les sols pendant l’hiver, se traduisent par une hausse de rendement supérieure à 3 %. « Leur richesse en légumineuses contribue à améliorer la structure du sol, tout en réduisant le recours aux fertilisants », explique Camille Guérin, responsable agriculture régénératrice pour l’Europe continentale chez McCain.
Par ailleurs, la réduction du travail du sol, un levier déjà identifié comme prioritaire par McCain, génère pour sa part une augmentation moyenne de 6 % des rendements. Une évolution corrélée à une meilleure infiltration de l’eau, une capacité de rétention accrue et une diminution du carburant utilisé pour les interventions mécaniques. Ces fermes pilotes servent également de terrain d’expérimentation pour d’autres pratiques visant à limiter l’empreinte carbone tout en consolidant la performance agronomique.

© McCain Foods
En photo, un agriculteur contrôlant un plant de pommes de terre pour évaluer l’état du sol dans une exploitation engagée dans l’agriculture régénératrice.
Un outil de formation pour massifier l’adoption
Pour faciliter la mise en place de la démarche, McCain met désormais à disposition de ses producteurs une plateforme de formation en ligne. Élaborée par les agronomes du groupe, elle rassemble contenus techniques, retours d’expérience et modules pratiques. L’outil complète un accompagnement déjà structuré : appui technique et commercial, dispositifs financiers et mécanismes incitatifs développés avec des partenaires bancaires.
Sur le terrain, les agriculteurs engagés confirment l’intérêt de la démarche. « Mes sols retiennent mieux l’eau, la biodiversité revient et l’amélioration des rendements est visible », témoigne Martin Gosse de Gore, exploitant à Ostreville. « Nos fermes pilotes montrent qu’il est donc possible d’augmenter les rendements en améliorant la santé de nos sols », déclare pour sa part Camille Guérin. De quoi motiver les 800 agriculteurs partenaires, qui alimentent aujourd’hui les trois sites de production français de McCain, implantés respectivement à Harnes (62), Béthune (62) et Matougues (51).
L’agriculture régénératrice en 5 points clés
1. Une approche centrée sur la santé des sols
L’agriculture régénératrice vise à restaurer et améliorer la structure, la fertilité et la capacité de rétention en eau des sols. L’objectif est d’accroître la résilience des cultures face au changement climatique et aux aléas.
2. Un ensemble de pratiques agronomiques complémentaires
Elle s’appuie sur plusieurs leviers : couverts végétaux multi-espèces, réduction du travail du sol, allongement des rotations, intégration de légumineuses, optimisation des intrants (fertilisation, irrigation, phytosanitaires). Ces pratiques visent à limiter l’érosion, augmenter la matière organique et favoriser la biodiversité fonctionnelle.
3. Un impact direct sur les rendements
En améliorant la porosité et la vie biologique des sols, l’agriculture régénératrice permet une meilleure infiltration de l’eau, un enracinement plus profond et, in fine, une stabilité accrue des rendements. Les résultats du terrain montrent souvent des gains à moyen terme, une fois la transition enclenchée.
4. Un levier de décarbonation pour l’agroalimentaire
Le sol, lorsqu’il est couvert et moins travaillé, émet moins de CO₂. L’optimisation des intrants et la réduction des passages mécaniques contribuent également à diminuer l’empreinte carbone des exploitations agricoles — un enjeu central pour les émissions de scope 3.
5. Une démarche progressive et contractualisée
La transition régénératrice se construit dans la durée : formation, accompagnement agronomique, soutien à l’investissement et engagement pluriannuel. Les fermes pilotes jouent un rôle clé pour tester, ajuster et diffuser les bonnes pratiques.