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Face à des besoins de froid de moins en moins saisonniers, Petit Forestier fait évoluer son offre de location. Pics de chaleur, stockage tampon, équipements mixtes ou maîtrise des consommations : le spécialiste du froid accompagne des usages de plus en plus diversifiés.

Le froid d’appoint change de dimension. Longtemps associé à des besoins ponctuels, liés notamment à un pic d’activité, une opération commerciale ou des travaux sur une installation, il s’inscrit désormais davantage dans la durée. Une évolution que Petit Forestier observe directement sur son activité de froid statique, qui regroupe la location de conteneurs et de meubles frigorifiques. « Le froid négatif n’est plus saisonnier, il devient structurel », résume Lydie de Acarregui, directrice générale Business Line Froid Statique Europe chez Petit Forestier. Une évolution nourrie à la fois par les nouveaux modes de consommation et par la multiplication des épisodes de fortes chaleurs, qui poussent industriels et distributeurs à sécuriser davantage leurs capacités frigorifiques.

Du pic au plateau

Cette évolution se traduit d’abord par un allongement des durées de location. Des équipements autrefois sollicités pour trois ou quatre semaines peuvent désormais être conservés deux à trois mois afin d’absorber une activité estivale plus longue ou des besoins de stockage renforcés. « Le pic qui était plutôt axé courte durée l’été devient un plateau », observe Lydie de Acarregui. Lors des périodes de fortes chaleurs, Petit Forestier estime ainsi que les besoins de location peuvent progresser de 10 à 17 %, avec une demande particulièrement soutenue pour les bacs et les conteneurs frigorifiques.

Ces derniers jouent notamment un rôle de capacité tampon pour les industriels. « On devient une sorte de poumon qui absorbe les pics », explique la dirigeante. Lors des épisodes les plus tendus, l’enjeu consiste également à pouvoir répondre très rapidement aux demandes, jusqu’à livrer des capacités supplémentaires en 24 heures. Pour les grands comptes du surgelé accompagnés par l’entreprise, les besoins sont notamment portés par les glaces, pâtisseries et desserts surgelés.

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Lors des pics de chaleur de cet été, Petit Forestier évoque jusqu’à 50 conteneurs sollicités en 24 heures par certains distributeurs.

Gagner en flexibilité

Pour absorber ces variations, Petit Forestier mise également sur la polyvalence de son parc. L’entreprise dispose de 52 000 meubles frigorifiques, dont environ 42 % sont adaptés au froid négatif ou à un usage mixte, tandis que ses conteneurs peuvent basculer entre froid positif et négatif. Cette mixité permet par exemple à un distributeur d’utiliser un bac pour les glaces en pleine saison avant de le convertir en température positive et de prolonger sa location plusieurs mois. Une souplesse particulièrement intéressante dans les magasins de proximité, où les contraintes d’emprise au sol limitent les possibilités de multiplier les équipements dédiés. La flexibilité concerne également les durées d’engagement. Au-delà des locations ponctuelles, Petit Forestier développe des solutions de moyenne et longue durée, adaptées à des besoins qui tendent à s’installer davantage dans le temps.

La consommation sous surveillance

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L’évolution du parc passe enfin par la performance énergétique des équipements, un enjeu devenu d’autant plus sensible que les durées d’utilisation s’allongent. Petit Forestier travaille notamment avec des meubles à faible consommation et affirme que certaines nouvelles générations permettent jusqu’à 40 % d’économie d’énergie par rapport à des équipements moins performants. La flotte compte également des bacs classés en catégorie énergétique A.

Une évolution qui participe plus largement à la transformation du froid statique : d’une réponse essentiellement ponctuelle à un manque de capacité, la location tend ainsi à devenir un outil de flexibilité permettant d’adapter plus finement les équipements, les températures et les durées aux besoins réels des utilisateurs.

3 questions à Lydie de Acarregui

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Lydie de Acarregui, directrice générale Business Line Froid Statique Europe chez Petit Forestier

LMDS : L’événementiel constitue-t-il un nouveau relais de croissance pour le froid statique ?

Lydie de Acarregui : Oui ! C’est une activité qui se développe fortement, même si elle représente encore seulement 5 à 7 % de notre activité de froid statique en France. Nous intervenons sur les festivals mais également de plus en plus dans l’événementiel sportif, avec des besoins qui peuvent porter sur du froid positif comme négatif.

La restauration et les boissons prennent par ailleurs une importance croissante dans le modèle économique de ces événements. Pour les organisateurs, le Food & Beverage constitue une source de revenus importante, notamment dans un contexte où certaines subventions diminuent. Cela crée de nouveaux besoins autour de la chaîne du froid, auxquels nous pouvons répondre avec des solutions temporaires et flexibles.

Quels nouveaux enjeux les fortes chaleurs posent-elles en matière de maintenance ?

L. de A. : Pendant les épisodes caniculaires, nous enregistrons 25 à 30 % d’interventions techniques supplémentaires. Mais elles ne sont pas nécessairement liées à une défaillance de l’équipement. Un meuble installé dans un environnement insuffisamment climatisé ou un conteneur dont les portes restent ouvertes trop longtemps peut être mis en difficulté lorsque les températures extérieures sont très élevées.

Cela nous conduit à travailler davantage sur la prévention et la pédagogie auprès des utilisateurs, mais aussi sur la maintenance prédictive. Nous travaillons également sur un projet de groupes froids interchangeables sous forme de cassettes. L’objectif serait de pouvoir remplacer rapidement le groupe frigorifique défaillant plutôt que le meuble complet. Dans l’événementiel, cela permettrait également de limiter le nombre de meubles complets conservés en stock tampon et de disposer à la place de cassettes de remplacement.

Quels sont aujourd’hui les nouveaux territoires du froid statique ?

L. de A. : Les besoins deviennent de plus en plus spécifiques. Nous travaillons par exemple sur des solutions de superfroid, capables de descendre à des températures bien inférieures au froid négatif traditionnel. Cela répond à certaines applications particulières et illustre l’évolution vers des solutions de plus en plus adaptées aux usages de nos clients.

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Les besoins de froid se développent également dans l’événementiel, notamment sportif. Ici, une installation au stade Santiago-Bernabéu du Real Madrid.

Petit Forestier en chiffres

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Entreprise familiale plus que centenaire, Petit Forestier est aujourd’hui présent dans 24 pays et emploie environ 5 600 collaborateurs. Son chiffre d’affaires groupe s’établissait autour de 1,2 milliard d’euros en 2024.

Le groupe exploite environ 80 000 véhicules frigorifiques. Son activité de froid statique s’appuie pour sa part sur un parc de 52 000 meubles frigorifiques et 5 800 conteneurs.