© Handi-Gaspi
Des coques de macarons, des talons de pain de mie et d’autres coproduits réunis dans un même granola : avec Handi-gaspi, plusieurs industriels expérimentent une nouvelle façon de valoriser leurs pertes alimentaires en mutualisant leurs ressources et leurs savoir-faire.

Et si les chutes de production d’un industriel pouvaient devenir la matière première d’un autre ? C’est tout l’enjeu de la démarche développée par Handi-gaspi, qui vient de franchir une nouvelle étape après neuf mois d’expérimentations menées avec Tipiak, Daunat et So Fast So Good.

Premier résultat concret : un granola composé à 65 % de matières revalorisées, dont le lancement est annoncé pour septembre 2026. Sa recette réunit notamment des coques de macarons issues de la production de Tipiak et des talons de pain de mie provenant de Daunat, auxquels s’ajoutent d’autres matières fournies par des industriels partenaires. Le produit est fabriqué chez Tipiak, avec l’implication de personnes en situation de handicap.

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© Handi-Gaspi
En photo, le granola Handi-gaspi, commercialisé à partir de la rentrée.

Faire circuler les gisements entre industriels

À travers cette expérimentation, Handi-gaspi entend surtout démontrer l’intérêt d’une approche collective de l’anti-gaspillage. Créée en 2021 par trois ingénieures agroalimentaires, la structure s’est d’abord fait connaître avec KIGNON, une marque de biscuits fabriqués notamment à partir de pain revalorisé et associant lutte contre le gaspillage et inclusion de personnes en situation de handicap.

Après cinq ans à éprouver ce modèle, Handi-gaspi souhaite désormais changer d’échelle et élargir la démarche à d’autres acteurs de l’agroalimentaire. Le 18 juin, elle a ainsi réuni 15 industriels, invités à partager leurs gisements de coproduits, mais aussi leurs freins, leurs expertises et les solutions susceptibles d’être mises en commun.

L’idée consiste notamment à créer davantage de passerelles entre entreprises : un industriel peut disposer d’une matière qu’il ne valorise pas, tandis qu’un autre possède le procédé permettant de la transformer ou recherche précisément ce type de ressource. Handi-gaspi ambitionne ainsi de jouer le rôle d’intermédiaire entre ces différents acteurs.

De l’anti-gaspi à la création de valeur

La démarche entend surtout sortir la valorisation des coproduits du seul champ de la RSE pour en faire un sujet industriel et économique à part entière, impliquant aussi bien la production et la R&D que les achats, le marketing ou les directions générales. « Une matière gaspillée représente un coût. Un gisement revalorisé peut devenir une ressource. Un nouveau produit peut générer du chiffre d’affaires », résume Katia Tardy, cofondatrice de Handi-gaspi. Une philosophie que la structure souhaite désormais essaimer en favorisant la mise en commun des gisements, des expertises et des solutions entre industriels.