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L’ANIFELT tire la sonnette d’alarme sur un risque de décrochage de la production française, dans un contexte de baisse des surfaces engagées et de pression accrue sur les prix.

À quelques semaines des arbitrages pour la campagne 2026, les discussions autour des contrats de culture aboutissent, sur de nombreuses variétés, à une réduction des volumes engagés. Il en découle des surfaces mises en production revues à la baisse, notamment pour les légumes verts, la tomate ou encore le maïs doux. Une évolution qui inquiète l’ensemble de la filière, d’autant que, dans le même temps, la balance commerciale française en fruits et légumes transformés continue de se dégrader, avec une part croissante des approvisionnements couverte par des importations.

Pression accrue sur les prix

En parallèle de cette contraction des volumes, les industriels transformateurs dénoncent une pression très forte de la distribution pour obtenir des baisses de prix, dans un objectif de préservation du pouvoir d’achat. Un positionnement jugé difficilement soutenable par les professionnels, alors que les productions françaises doivent déjà composer avec des exigences environnementales et sociales plus élevées que celles de certains pays concurrents. À cela s’ajoute un contexte géopolitique incertain, susceptible d’entraîner une hausse des coûts de production, notamment sur l’énergie et les engrais.

Un risque de décrochage pour la production

Pour les acteurs de la filière, le constat est désormais jugé " critique ". « Les acteurs de notre filière se trouvent aujourd’hui dans une situation de crise profonde, qui ne permettra pas, à moyen terme, d’assurer la pérennité de nos exploitations agricoles et de nos outils de transformation », alerte André Bernard, président de l’ANIFELT.

La filière, engagée dans les travaux menés autour de la souveraineté alimentaire et du plan dédié aux fruits et légumes, pointe en outre un décalage croissant entre les ambitions affichées et la réalité économique du terrain. Dans ce contexte, les arbitrages en cours autour des contrats de culture pour 2026 apparaissent comme déterminants pour l’avenir de la production française.

Les chiffres clés de la filière des fruits et légumes transformés

15 500 exploitations agricoles

120 organisations de producteurs

2 millions de tonnes de fruits et légumes transformés

30 % des légumes et 20 % des fruits produits en France

27 000 emplois directs

230 unités de transformation

5,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires