En photo, la Couronne feuilletée à la truite, l'une des nouveautés festives de l'assortiment d'écomiam, orientée sur la variété d'usage et la praticité.
Le surgelé occupe depuis longtemps une place centrale sur le festif : bûches glacées, escargots, foie gras, fruits de mer, apéritifs et entrées festives, volailles farcies… Mais dans un contexte de consommation ralentie, innover pour Noël requiert aujourd’hui prudence et vision globale.
Le développement produit commence un à deux ans avant la mise en marché : les équipes marketing et R&D travaillent donc sans visibilité sur les performances du Noël qui reste à venir. Difficile de coller aux tendances dans un timing aussi contraint. On peut donc saluer la réactivité de Picard, qui a réussi à proposer à son catalogue une Bûche pâtissière façon chocolat « Dubaï », tendance seulement émergée en fin d’hiver.
Des contraintes multiples, du process à l’usage
Côté industriel et achats, les références festives exigent des prévisions fines et souvent des investissements spécifiques : moules pour formes festives, nouveaux ingrédients à sourcer et valider, seulement quelques séries de production… que de complexité ! Et le coût du stockage en froid négatif n’aide pas : en effet, qui veut garder des bûches glacées douze mois en réserve ?
Les « grosses » catégories offrent plus de latitude : Findus peut ainsi proposer un mélange de formes festives (étoiles, sapins, bonhomme de neige) sur le segment des pommes duchesse et autres spécialités, suffisamment volumique pour amortir d’éventuels capex.
En points de vente, la bataille est rude. Contrairement au merchandising en épicerie sucrée, les meubles surgelés ne se multiplient pas en décembre. Faire émerger une nouveauté relève donc du défi. Une option est bien sûr de faire de l’innovation un vecteur d’image, un outil de communication et donc de création de trafic, comme le Mug Glacé Thiriet, en couverture de catalogue.
Décliner les recettes avec des ingrédients festifs reste souvent une voie plus simple : mini burgers au canard ou au saumon, feuilletés aux saint-jacques ou aux escargots, touches de truffe… à condition de sécuriser approvisionnement matières et prix d’achats.
L’expérience consommateur peut aussi guider la création. Des formes trop complexes compliquent le service. À l’inverse, la Couronne feuilletée à la truite d’écomiam illustre une approche festive et pratique à la découpe.
Innover sur le festif reste une opportunité, à condition de maîtriser les contraintes et d’adopter une logique plus agile, rationnelle et centrée sur l’usage. C’est désormais un facteur clé pour que l’innovation festive demeure une véritable contribution de valeur pour l’entreprise.

Sur le terrain du festif, les enseignes spécialisées gardent une longueur d’avance. Comme ici Picard en captant les tendances avec sa bûche chocolat Dubaï, ou Thiriet en travaillant l’impact visuel avec son Mug Glacé. En parallèle, certaines marques se "bougent" en GMS, à l'image de Findus qui sort ses Délices d'Hiver pour les fêtes.
Un mot sur LFConsulting : forte d'une longue expérience en marketing agroalimentaire dont près de 20 ans en surgelés, Laure Fauchon a fondé LFConsulting en 2024 pour accompagner les entreprises dans leur stratégie marketing et aider au développement de leurs activités de façon agile et opérationnelle. En collaboration avec Le Monde du Surgelé, elle propose des décryptages marketing à la fois pragmatiques et inspirants pour mieux comprendre les marchés, les innovations et les tendances consommateurs. Pour plus d'info : LFConsulting