Pour y répondre, les journalistes ont d'abord cherché à pénétrer dans les usines. Une démarche qui s'est heurtée au refus ou à l'absence de réponse de la plupart des fabricants sollicités. À une exception près : Italpizza, qui a ouvert les portes de son site de Modène, en Italie. Un choix plutôt payant en termes d'image. Le reportage peut ainsi s'attarder sur la fabrication de la pâte et son temps de levage, présenté comme l'un des marqueurs qualitatifs de la pizza. Pierre-Emmanuel Schwartz, directeur général d'Italpizza France, y explique notamment que le fabricant laisse fermenter sa pâte pendant au moins 24 heures. À diamètre comparable, une pâte davantage levée peut peser moins lourd et laisser proportionnellement davantage de place à la garniture.
Faute d'avoir pu confronter les process industriels, Sept à Huit complète son enquête par un comparatif de quatre pizzas à différents niveaux de prix. Composition de la pâte, quantité et qualité de la garniture, nature du fromage : l'analyse tourne nettement au désavantage du premier prix et se révèle sensiblement plus favorable aux références plus valorisées. Un panel certes trop restreint pour opposer MDD et marques nationales, mais dont le résultat est plutôt favorable à ces dernières.
C'est finalement ce que je retiens de ce reportage. Alors que l'on pouvait s'attendre à une énième enquête consumériste pointant les travers d'un produit industriel, le résultat est beaucoup plus nuancé. Celui qui a accepté d'ouvrir ses portes en sort gagnant et, derrière lui, c'est l'ensemble de la catégorie qui en profite. Une démonstration plutôt bienvenue pour un produit dont le succès repose notamment sur son bon rapport qualité-prix. Plus largement, pour le surgelé, dont les savoir-faire industriels restent encore largement méconnus du grand public, montrer comment on fabrique peut aussi être une manière efficace de faire la différence.