Alors qu’une proposition de loi visant à renforcer l’éducation à l’alimentation à l’école a récemment été examinée à l'Assemblée*, Sarah El Haïry, rattachée au ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, souhaite voir émerger de nouveaux relais d’information au sein même du quotidien des familles. Et pour la Haute-commissaire à l’Enfance, les produits alimentaires pourraient jouer un rôle dépassant leur seule fonction nutritionnelle.
« Faites de vos supports des alliés des parents », résume-t-elle lors d’un entretien accordé au Monde du Surgelé. Dans son viseur : les emballages alimentaires, qu’elle considère désormais comme des supports potentiels d’éducation, de prévention et d’accompagnement des usages alimentaires.
Une “gamification” de l’information alimentaire
Au fil de l’échange, Sarah El Haïry défend l’idée d’une information plus accessible autour de l’alimentation familiale. « Partager en jouant une information “gamifiée”, comprendre ludique, informative et moins moralisante », explique-t-elle, estimant que les marques disposent aujourd’hui d’un véritable rôle à jouer dans l’accompagnement des parents. Selon elle, cette évolution dépasse largement le seul cadre du Nutri-Score ou des mentions réglementaires. La Haute-commissaire évoque notamment des pistes autour des recettes à réaliser avec les enfants, de la saisonnalité, du portionnage ou encore des repères de consommation. Pour illustrer son propos, Sarah El Haïry cite plusieurs initiatives déjà visibles dans d’autres univers alimentaires : les blagues glissées dans les portions d’Apéricube, les recommandations de consommation figurant sur certains paquets de biscuits Prince ou encore les dispositifs d’accompagnement développés autour des assistants culinaires type Thermomix. Autant d’exemples qui, selon elle, montrent comment les marques peuvent progressivement transformer leurs supports en outils d’information, de dialogue familial ou d’accompagnement des usages.
Le surgelé perçu comme allié du quotidien

D.R.
Pour Sarah El Haïry, les emballages alimentaires pourraient devenir de nouveaux outils d’éducation du quotidien.
Interrogée sur la place spécifique du surgelé dans les habitudes alimentaires, Sarah El Haïry estime que cette technologie occupe aujourd’hui une place « importante » et « structurante » dans le quotidien des familles, en distinguant toutefois les produits bruts ou peu transformés des références plus élaborées.
Mais la Haute-commissaire estime également que les acteurs du surgelé doivent aller plus loin dans l’accompagnement des familles, notamment autour du portionnage, l’objectif étant de mieux capitaliser sur les atouts de praticité déjà associés au surgelé via une information plus lisible et plus pédagogique délivrée sur les emballages. « Les marques qui feront le choix de donner, par exemple, l’information sur la quantité pertinente, enverront aussi un message fort en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire », estime-t-elle. Une logique qu’elle rattache plus largement à ce qu’elle qualifie de « révolution de la praticité ».
Une proposition de loi autour de l’éducation alimentaire à l’école
Cette prise de parole intervient alors qu’une proposition de loi d’expérimentation pour l’instauration d’un enseignement d’éducation à l’alimentation obligatoire à l’école (PPL n°2091), portée par la députée Olivia Grégoire, a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 16 février 2026. Le texte prévoit notamment l’expérimentation d’un enseignement renforcé autour de l’alimentation dans les écoles, pour développer « l’éducation au goût, la sensibilisation à la saisonnalité des produits, la lutte contre le gaspillage alimentaire ou encore l’apprentissage des grands repères nutritionnels dès le plus jeune âge » . C’est dans ce contexte plus large de prévention et de pédagogie alimentaire que s’inscrit la réflexion portée par Sarah El Haïry autour du rôle potentiel des marques et des emballages dans l’accompagnement des familles.