Le SIAL Paris a refermé ses portes le 21 octobre sur un bilan qui confirme son poids dans l'industrie alimentaire mondiale. Pendant cinq jours, le parc des expositions de Paris Nord Villepinte a accueilli 305 000 professionnels, dont 72 % de visiteurs internationaux, venus de 192 pays et régions. Avec 8 000 exposants, parmi lesquels plus de 600 entreprises françaises, la manifestation demeure une plateforme commerciale de premier plan pour les industriels de l'agroalimentaire, notamment ceux qui souhaitent développer leur activité à l'export.
Cette dimension internationale constitue toujours l'un des principaux atouts du rendez-vous parisien. Mais sa richesse tient également à la diversité des secteurs représentés, qui permet aux visiteurs comme aux exposants de prendre le pouls de l'innovation alimentaire à l'échelle mondiale. Pour son trentième anniversaire, le concours SIAL Innovation a d'ailleurs enregistré une participation record, avec plus de 2 750 produits candidats, dont 775 sélectionnés. Des innovations qui témoignent notamment de la montée en puissance de la santé fonctionnelle, du snacking et de nouvelles expériences de consommation.
Au-delà de sa vocation commerciale, le salon a également renforcé sa dimension institutionnelle, avec l'accueil d'une réunion des ministres de l'Agriculture du G7 consacrée aux enjeux de sécurité et de souveraineté alimentaires. Autant d'éléments qui confortent sa position de carrefour international de l'alimentation.

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Pour son trentième anniversaire, SIAL Innovation a enregistré une participation record, avec plus de 2 750 produits candidats, dont 775 sélectionnés.
Les surgelés prennent la direction du Bourget
Mais c'est désormais vers 2028 que se tournent les regards. Car la prochaine édition marquera un changement majeur dans l'organisation du salon. Pour la première fois, SIAL Paris se déploiera simultanément sur deux parcs des expositions : Paris Nord Villepinte et Paris-Le Bourget. Une évolution annoncée par Comexposium avant même l'ouverture de l'édition 2026, qui doit permettre d'accompagner la croissance de la manifestation et d'améliorer les conditions d'accueil des exposants et des visiteurs.
Cette nouvelle configuration se traduira notamment par le transfert au Bourget des secteurs surgelés et glaces, qui y côtoieront les produits traiteurs, le snacking, l'épicerie fine, les boissons ainsi que les vins et spiritueux.
Pour Comexposium, cette réorganisation répond à une volonté de rapprocher des univers partageant des circuits de distribution et des communautés d'acheteurs similaires. « Le choix de deux sites répond à une priorité simple : faire progresser l'expérience de nos exposants et de nos visiteurs », explique Jean-Gabriel Mollard, directeur de SIAL Paris. L'organisateur entend également profiter des surfaces supplémentaires pour développer de nouveaux espaces d'animation et de démonstration.
Une nouvelle organisation qui interroge
Si les objectifs affichés par Comexposium peuvent se comprendre, cette nouvelle configuration ne fait pas nécessairement l'unanimité parmi les exposants du secteur surgelé rencontrés lors du salon. Plusieurs d'entre eux accueillent avec réserve la perspective de quitter Villepinte pour Le Bourget.
Leur principale interrogation concerne la fréquentation future des stands. Jusqu'à présent, la concentration de l'ensemble des secteurs sur un même site constituait l'un des grands atouts du SIAL. Elle permettait aux exposants de bénéficier non seulement de la venue d'acheteurs spécialisés, mais également de contacts plus occasionnels avec des visiteurs internationaux venus découvrir d'autres univers alimentaires. Une transversalité particulièrement appréciable pour les entreprises à la recherche de nouveaux débouchés, notamment sur les marchés du grand export.
La séparation géographique des secteurs pourrait-elle réduire ces opportunités de rencontres ? La question mérite d'être posée. Elle concerne également la capacité du salon à conserver cette fonction d'observatoire transversal de l'innovation, qui permettait jusqu'ici de passer facilement d'un univers alimentaire à un autre.
Le défi de la circulation entre les deux sites
Pour répondre à ces préoccupations, Comexposium annonce un badge unique et des liaisons dédiées en continu entre Villepinte et Le Bourget. Les modalités pratiques de ce dispositif, notamment les fréquences et les amplitudes horaires, restent toutefois à préciser.
Le déploiement sur deux sites devrait néanmoins présenter certains avantages. En répartissant les flux de visiteurs, il pourrait notamment permettre de réduire la saturation des halls et des accès, particulièrement sensible lors des périodes de forte affluence. L'édition 2026 en a encore fourni une illustration spectaculaire le lundi soir, lorsque les visiteurs puis à leur tour les exposants, ont dû patienter de longues heures pour sortir de l’enceinte... Reste toutefois à savoir si cette nouvelle répartition des flux ne créera pas d'autres difficultés, notamment pour les professionnels souhaitant circuler entre les deux sites.
Reste à savoir si les gains attendus en matière de confort et de fluidité compenseront les contraintes liées à la séparation des secteurs. Pour les industriels du surgelé, l'enjeu sera surtout de conserver ce qui fait depuis longtemps la force du SIAL : sa capacité à réunir, dans un même rendez-vous, une diversité exceptionnelle d'acheteurs et d'innovations venus du monde entier.

© Loran Dherines
La dimension internationale demeure l'un des principaux atouts du SIAL Paris, dont 72 % des visiteurs professionnels viennent de l'étranger.

© Xavier Muyard
SIAL Insights misait sur une scénographie immersive pour inviter les visiteurs à explorer les grandes tendances alimentaires.