Face à l’absence de visibilité politique, à l’accumulation des retards réglementaires et à la confusion entre les différentes filières REP, le Geco Food Service et les Grossistes alimentaires de France lancent un cri d'alarme et demandent que soient définies rapidement les conditions réalistes et soutenables de la mise en œuvre de la nouvelle REP EPro, impliquant également l’articulation avec l’actuel dispositif REP ER, qu’ils financent.
Une situation ubuesque
Depuis mars 2024, les fournisseurs de la restauration subissent une succession de décisions contradictoires et absurdes :
• Une filière REP “Emballages de la Restauration” (ER) imposée dans la précipitation, sur un périmètre restreint et peu opérationnel, avec une grande complexité opérationnelle qui devait durer 6 années, avec 1 seul éco-organisme ;
• Puis, sept mois plus tard (oct 2024), l’annonce de sa disparition au profit d’une future REP “Emballages Professionnels” (EP), dont le cadre réglementaire n’a toujours pas été posé à ce jour, malgré une consultation sur le Décret qui s’était achevée le 13 novembre 2024 ;
• Ainsi, à moins de 65 J de son entrée en vigueur, aucun texte d’application n’a été publié, aucun éco-organisme agréé, aucune prise en compte du besoin d’anticipation des entreprises qui doivent financer le nouveau dispositif.
Ce revirement permanent a plongé des milliers d’entreprises dans une insécurité juridique et économique inédite.
Pendant ce temps, les acteurs de la filière restauration doivent préparer leurs négociations commerciales, leurs marchés publics et leurs budgets 2026 dans le flou le plus complet.
La crise institutionnelle actuelle accentue le désarroi du secteur : aucune ligne politique claire n’est assumée, aucune décision n’est prise pour encadrer la mise en œuvre incohérente des REP professionnelles qui se succèdent. Les services administratifs sont paralysés, les textes en attente, les arbitrages inexistants.
« À ce stade et en l’état, il est impossible de mettre en œuvre la REP Emballages Professionnels (REP EPro) au 1er janvier 2026. Nos adhérents, les grossistes et fournisseurs de la RHD demandent clairement de définir les conditions réalistes de mises en œuvre de la nouvelle REP ET d’articulation avec l’actuelle REP Emballages professionnels de Restauration (REP ER) qu’ils financent. Nos entreprises ne peuvent pas être les sacrifiées du manque de cohérence des pouvoirs publics. Pour réussir cette transition, une co-construction est indispensable », ont souligné Michel Sanson, Président du Geco Food Service et Jacques Déronzier, Président des Grossistes Alimentaires de France, « Il est irresponsable de laisser nos entreprises avancer à l’aveugle dans un tel contexte » ont-ils conclu.
Ce que les fournisseurs proposent
Le Geco Food Service et les Grossistes alimentaires de France appellent à une mise en œuvre progressive sur un an, afin de :
• de créer un cadre de discussions serein et constructif avec les services de la DGPR,
• d'assurer une transition ordonnée entre la REP Restauration (encore en place) et la REP Emballages Professionnels,
• de permettre à nos entreprises d’adapter proprement leurs systèmes d’information, sans risquer la non-conformité.,
• de stabiliser les modalités contractuelles avec les éco-organismes, d’éviter une nouvelle désorganisation aux lourds impacts économiques, et surtout éviter que l’histoire de la REP ER ne se répète – en pire – avec la REP EPro.
« Nous voulons réussir la transition écologique, pas la subir. La REP peut être un levier de progrès, à condition d’être pensée avec ceux qui la mettent en œuvre, » a insisté Michel Sanson.
Le Geco Food Service et les Grossistes Alimentaires de France réaffirment leur plein engagement pour la réduction, le recyclage et le réemploi des emballages. Mais la réussite de la REP suppose un cap politique, une visibilité réglementaire et une concertation transparente avec tous les professionnels.