L’appétit des Français pour les cuisines du monde ne faiblit pas ! Les ventes des spécialités exotiques au rayon surgelés continuent de progresser. Un dynamisme qui suscite les convoitises de nouveaux acteurs.

C’est une tendance qui se confirme. En 2021, selon les données d’Iri, la consommation de produits exotiques en France a encore performé avec un chiffre d’affaires total en croissance de 27,4 %. Comme une réponse évidente à l’envie de dépaysement et de voyage des consommateurs, les produits exotiques n’en finissent pas de grossir. La fermeture des restaurants et l’impossibilité de voyager liées à la crise COVID ont été un véritable accélérateur mais l’appétit des Français pour les samoussas, pad thaï et autres soupes miso ne faiblit pas. Certains prédisent même un avenir plus que florissant pour ces spécialités d’ailleurs vendues en grandes surfaces dans les mois à venir. « Entre l’inflation et la flambée du coût de l’énergie, le budget des Français est sous tension. Beaucoup vont être amenés à réduire le nombre de sorties au restaurant ou de voyages lointains… et ils se tourneront alors vers les produits proposés dans les grandes surfaces pour étancher leur soif de saveurs lointaines », prédit Ugo Madern, Pdg de la société Madern.

Un succès qui ne faiblit pas

Et il ne semble pas être le seul de cet avis ! « Malgré les hausses de prix et les difficultés accumulées depuis le début 2022, nous n’avons pas ressenti de ralentissement de l’activité aussi bien en restauration qu’en grande distribution », rassure Sarah Lacassagne, directrice générale de Japcook.

Pour pouvoir répondre à la demande tout en jonglant avec les risques de pénuries de matières premières et les hausses de coût du transport maritime pour les spécialités élaborées en Asie et ensuite importées, la plupart des fabricants ont dû anticiper leurs approvisionnements. « C’est un peu comme jouer au poker, prévient cet opérateur. Le contexte actuel n’a pas fait changer les enseignes qui tardent toujours à s’engager sur des volumes ». Et si l’anticipation engendre du surstockage qui vient inévitablement peser sur la trésorerie des entreprises, elle a cela de positif qu’elle permettra de retarder d’éventuelles ruptures et les hausses de prix.

Les acteurs historiques restent sages

Dans ce contexte, les protagonistes du rayon cherchent à préserver leurs marges avec, comme premier réflexe, de réduire la voilure en termes de nouveautés. Les forces en présence préférant miser sur leur gamme déjà existante et travailler le cas échéant à leur diffusion plus large. Ajinomoto, très présent en linéaires avec ses gyozas, a mis en place une nouvelle ligne de production dans son usine française de Neubourg (Eure) pour fabriquer directement dans l’Hexagone les fameux raviolis et accroître ses capacités. Chez Madern, le rythme de lancements est ralenti mais pas stoppé non plus ! L’entreprise souhaite répondre à la demande de ses clients pour des recettes « végétales » d’une part et des spécialités de plus en plus « pointues » d’autre part.

Tout le monde veut sa place

La tendance est en effet à l’arrivée de recettes de plus en plus typiques à l’instar des produits proposés par Maison de Corée et à l’émergence de nouvelles origines avec le Liban comme locomotive, mais aussi certains pays d’Afrique ou d’Amérique du Sud qui pourraient faire parler de leur gastronomie dans le futur. En attendant, l’heure est à la raison du côté des marques « piliers » du rayon et à l’arrivée de nouveaux intervenants. La montée en diffusion rapide de Mei Asia est la preuve de la volonté du groupe TT Foods de prendre sa part du rayon. Pacific West Foods ne cache pas non plus sa volonté de s’orienter davantage vers les produits transformés et de snacking aux saveurs lointaines. Il y a des chances pour que ces nouveaux intervenants profitent du prochain Nouvel An Chinois pour pousser leurs pions sur le terrain promotionnel (à commencer dans les prospectus) afin de gagner en visibilité.

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